Schlesser (Johann Peter)

Ecrit par Romain Wagner

(23 avril 1892 - 25 juillet 1933)

 

 



Jean Pierre (Johann Peter), fils de Jean Baptiste Schlesser et de Angélique Trapp, est né le 23 avril 1892 à Mallingen (Malling, en Moselle).

Aucune pièce militaire officielle concernant Jean Pierre Schlesser ne nous est parvenue. Par ailleurs, les services historiques de l’armée allemande déclarent ne pas détenir de document à son sujet, au motif répété et invariable selon lequel les archives de l’époque ont été détruites (entièrement ?) lors des bombardements de Berlin, le 3 février 1945. 

Néanmoins, le 13 juin 1913, Jean Pierre adresse à ses parents une carte postale depuis Grafenwöhr (dans le royaume de Bavière). 

Le document montre notamment des demeures à colombage, dont le Militärhotel, ainsi qu’une vue du Truppenlager (camp militaire). 

Dans cette correspondance, Jean Pierre fait savoir à ses parents qu’il aurait à nouveau besoin d’un colis ("Ich will Ihnen mitteilen dass ich wieder ein Paket könnt brauchen") et ajoute "Wenn Ihr eines schickt so müss Ihr es gleich schicken denn am 18ten oder 19ten gehen wir fort in Festungs-manöver. Das dauert blos acht Tage" (le cas échéant, il y aurait lieu de faire diligence car à compter du 18 ou du 19 nous - Jean Pierre et ses camarades - partons pour huit jours en manœuvre de forteresse). Plus loin, le signataire écrit encore : "Für nach Metz ist noch nichts bestimmt" (pour - un retour - jusque Metz, il n’y a encore rien de concret). 

Jean Pierre effectue donc au moins une partie de son Wehrdienst (service militaire) à Grafenwöhr et il attend un retour ou une mutation en Lorraine. 

A noter que le königlich Bayerisches 3. Feldartillerie-Regiment "Prinz Leopold" (III. Bayerisches Armee-Korps), fondé le 30 mars 1848, était stationné à la Truppen-Übungsplatz (camp de manœuvres, ici polygone d’artillerie) de Grafenwöhr depuis 1913. 

Par ailleurs, sur une photo prise à l’arrière de la maison familiale de Malling, Jean Baptiste Schlesser, son épouse Angélique (née Trapp), ainsi que leurs deux enfants, Jean Pierre et Nicolas, posent pour la postérité. Jean Pierre revêt l’uniforme "Dunkelblau" (bleu foncé), avec gants blancs, ceinturon blanc à Koppelschloss (boucle de ceinturon) M1895 "Kavallerie". 

Petits détails importants : les pattes d’épaule blanches (qui supportent le numéro du régiment, non visible ici) et les trois boutons alignés verticalement sur le pan de manche vertical noir (comme le pan de manche horizontal et le col) indiquent que le soldat fait partie de l’un des trois régiments d’artillerie "à pied" bavarois. 

Le Säbel (sabre) est une version allégée du modèle bavarois M1813. Ce type d’arme équipait quelques unités bavaroises d’artilleurs ("de campagne" et "à pied") et de colonnes d’approvisionnement. Manifestement l’arme blanche et la boucle de ceinture représentées ici sont liées à des troupes qui disposaient de chevaux.

Les couleurs de Faustriemen (dragonne) révèlent l’appartenance du porteur à la 1re batterie d’artillerie.

Eu égard à tout ce qui précède, il est fort probable que Jean-Pierre Schlesser ait effectué son Wehrdienst (service militaire) au sein de la 1. Batterie du königlich Bayerisches 2.

Fussartillerie-Regiment (II. Bayerisches Armee Korps), seul régiment d’artillerie "à pied" bavarois stationné à Metz. 

De plus, en considérant l’année d’appel théorique sous les drapeaux de Jean Pierre, c’est à dire 1912-1913 (année de ses 20 ans), la différence d’âge entre Jean-Pierre et son frère Nicolas (trois ans) et le fait que le cadet pose en tenue civile, ce qui laisse supposer qu’il n’est pas encore astreint au Landsturm ou Force Territoriale (il est donc âgé de moins de 17 ans, notamment en temps de guerre), les dates ante et post quem de la prise de vue seraient avril 1912 et juillet 1914.

La photo peut donc être datée de 1913 environ.

S’il est certain que Jean Pierre a du participer à la guerre 1914-1918, aucun document ne permet d’appréhender la ou les unités dans lesquelles il a été mobilisé.

Alsacien-Lorrain réintégré de plein droit dans la nationalité française en vertu du paragraphe premier de l’annexe à la section V du traité de paix (traité de Versailles) Jean Pierre Schlesser, visiteur au chemin de fer, sera astreint aux obligations militaires françaises.

Cependant, Jean Pierre décède prématurément le 25 juillet 1933, à la suite d’une septicémie soignée sans résultat dans un hôpital de Thionville ; les antibiotiques n’étant pas encore en usage à cette période.

 

Sources : Archives familiales Romain Wagner. 

Portrait de Johann Peter Schlesser :

Cliquer sur la photo pour l'agrandir 

Photo datant vraisemblablement de 1913, représentant Johann Peter Schlesser (en uniforme d’Artillerist du königlich Bayerisches 2. Fussartillerie-Regiment 1. Batterie), son frère cadet et leurs parents.

le lundi, 25 janvier 2016 posté dans la catégorie S