Proust (Marcel)

Ecrit par Marc Nadaux

(10 juillet 1871 - 18 novembre 1922)




Marcel Proust naît le 10 juillet 1871 à Auteuil au sein d’une famille de la bourgeoisie parisienne. Son père, Adrien Proust, est agrégé de médecine et sa mère, Jeanne Weil, est la fille d’un riche agent de change de confession juive. L’enfant qui a, depuis le 24 mai 1873, un frère prénommé Robert, est de constitution chétive. Dès 1880, Marcel Proust est saisi de crises d’asthme, une maladie dont il souffrira sa vie durant. Il entre en 1882 au Lycée Condorcet, établissement qui l’accueille pendant l’ensemble de ses études secondaires. L’adolescent est attiré par la littérature et en particulier par le mouvement symboliste porté par les œuvres de Stéphane Mallarmé et de Paul Verlaine, alors en vogue. En 1888, avec quelques-uns de ses camarades de classe, il rédige ainsi la Revue Lilas. Ses talents littéraires sont déjà remarqués par ses professeurs, Maxime Gaucher notamment en classe de rhétorique.

Après son Baccalauréat obtenu en 1889, Proust effectue son service militaire en tant que volontaire devançant l’appel au 76e régiment d’infanterie, à Orléans. L’année suivante, il s’inscrit à la Faculté de Droit de Paris ainsi qu’à l’École des Sciences Politiques. Cependant c’est sans grande conviction que le jeune homme assiste aux cours. Il se concentre davantage sur les relations qu’il noue et qui lui permettent d’entrer dans le monde. En 1892, il effectue ses débuts littéraires en collaborant à la revue symboliste Le Banquet, puis l’année suivante à la Revue Blanche. L’étudiant obtient enfin sa licence ès lettres au mois d’août 1893.

Proust trouve alors à s’employer en tant qu’assistant, non-rémunéré, à la bibliothèque Mazarine. Détaché au ministère de l’Instruction Publique et multipliant les congés d’absence, il s’intéresse davantage à la vie des salons parisiens. A cette époque, il fait la rencontre du musicien Raynaldo Hahn, de Robert de Montesquiou et bientôt de Lucien Daudet, fils de l’écrivain. Une amitié passionnée lie les deux hommes. Proust doit d’ailleurs se battre en duel à la Tour de Villebon, le 6 juillet 1897, avec le journaliste Jean Lorrain qui avait supputé de leur homosexualité.

A cette époque, Marcel Proust travaille à l’écriture d’un roman autobiographique, Jean Santeuil, qui demeurera inachevé. En 1896 paraissent Les Plaisirs et les Jours chez Calmann-Lévy. L’ouvrage, préfacé par Anatole France (modèle du Bergotte de la Recherche du Temps perdu), est un recueil d’essais et d’articles de critique. Proust s’attache également à l’étude de l’esthète anglais John Ruskin. En 1900, au moment où celui-ci disparaît, il donne de nombreux articles en son honneur dans la presse parisienne. Quelques années plus tard, en 1904, paraît une traduction annotée de La Bible d’Amiens. Vient également celle de Sésame et les Lys deux années plus tard.

Tandis que son père décède le 26 novembre 1903, puis sa mère le 26 septembre 1905, Marcel Proust réfléchit à une œuvre romanesque dans laquelle il évoquerait une matinée en compagnie de celle-ci. L’ouvrage, où son auteur compte exposer ses sentiments artistiques prend de l’ampleur dans les années qui suivent. Proust voit en effet son état de santé se dégrader et sa vie mondaine s’alléger. Il se réfugie alors dans le travail d’écriture. A partir de 1909, il entre en discussion avec les éditeurs en vue de la publication de son roman Ceux-ci, le Mercure de France, Fasquelle et la N.R.F., sont cependant réticents. A la recherche du temps perdu se compose maintenant de deux volumes de 700 pages chacun. Des extraits paraissent néanmoins dans Le Figaro et au Gil Blas.

C’est alors que Marcel Proust trouve en Bernard Grasset un interlocuteur intéressé. Le 13 novembre 1913, paraît à compte d’auteur la première partie de l’ouvrage, Du coté de chez Swann, où le romancier révèle sa maîtrise de la phrase, mise au service de l’exposition des sentiments et des "intermittentes du cœur". L’année suivante décède son secrétaire et dactylographe, Alfred Agostinelli. L’écrivain prépare néanmoins l’édition du second volume. Le 1er août 1914 cependant, la guerre est déclarée et le projet d’édition arrêté.

Commence alors une période de silence pour Marcel Proust. Le romancier continue de séjourner sur la côte normande, à Cabourg notamment, haut lieu de la villégiature à la Belle Époque. Dégagé des obligations militaires en raison de son état de santé, il continue de travailler à son roman, qui se développe considérablement. Au mois de juin 1919 enfin, paraît A l’ombre des jeunes filles en fleur. Ce second volume, publié par la N.R.F., obtient le succès. La notoriété de son auteur dépasse désormais le cercle des initiés, d’autant plus qu’il se voit attribuer le prix Goncourt, le 10 novembre suivant, devançant dans l’esprit du jury Les Croix de bois de Roland Dorgelès.

Dans les années qui suivent paraissent les autres volumes de la Recherche : Le Coté de Guermantes à partir de 1921, puis Sodome et Gomorrhe l’année suivante. Cependant l’état de santé de Marcel Proust se dégrade. Au mois de mai 1921, il est pris d’un violent malaise en visitant au musée du Jeu de Paume une exposition sur les maîtres flamands. Délaissant maintenant la vie de société, le romancier quitte son appartement du n° 102 du boulevard Haussmann et s’installe au n° 44 de la rue Hamelin. Il travaille fiévreusement, pendant les courtes période de répit que lui laisse la maladie, afin d’achever son œuvre.

Marcel Proust décède d’une pneumonie le 18 novembre 1922. Dans les années qui suivent s’étale la fin des publications de la Recherche : La Prisonnière au mois de novembre 1923, Albertine disparue ou la fugitive en 1925 et enfin Le Temps retrouvé, en 1927. Si le plan d’ensemble en est respecté, Proust ayant dés sa naissance fixé les traits de son projet et procédé par ajouts successifs, le romancier n’a cependant pas eu le temps de revoir la dactylographie de ces trois derniers romans.

le lundi, 25 janvier 2016 posté dans la catégorie P