Mansuy (Émile Auguste)

Ecrit par Éric Mansuy

(28 août 1874 - 5 octobre 1914)

 

Né le 28 août 1874 à Pierrefitte (Meuse), Émile Auguste Mansuy, marié à Maria Fringant le 17 mai 1902, a été militaire de carrière avant les hostilités. À la mobilisation, il est appelé à servir dans les rangs du 44e Régiment d’Infanterie Territoriale. Il trouve la mort le 5 octobre 1914 à l’orée du bois Le Baty, entre Mogeville et Gincrey, dans la Meuse, dans des conditions qui sont relatées dans le Journal des Marches et Opérations de son régiment :

5 octobre 1914 : 

À la même heure que la veille, les 6e et 8e compagnies occupent, sans rencontrer de résistance, les villages de Maucourt et de Mogeville concurremment aux diverses troupes appartenant au sous-secteur. Ces troupes détachent, dans le cours de la journée, des patrouilles qui se portent sur Gincrey, le bois de Maucourt et le bois Le Baty.

Une section de la 12e, occupant Dieppe et les tranchées N.E. du village, envoie de son côté une patrouille de six hommes sous les ordres du sergent Mansuy, vers les mêmes points. Elle est accueillie à coups de fusils par l’ennemi à la corne O. du bois Le Baty. Le sergent Mansuy est blessé à la cuisse. Transporté pendant quelques pas par ses hommes, il les prie lui-même de le laisser sur place pour aller chercher plus rapidement des renforts à Mogeville. La patrouille, ayant atteint Mogeville, en revint renforcée par les soins du lieutenant Valet du 164e. Un soldat du 44e, Lanchantin, de la 8e, se joint volontairement à la patrouille en s’écriant : "C’est un sergent du 44e, je veux aller le chercher". La patrouille trouve le sergent Mansuy mort : il a été achevé par les Allemands qui lui ont, à bout portant, tiré des coups de fusil dans les yeux.

L’ennemi enveloppant de rafales la patrouille, le soldat Lanchantin est frappé d’une balle à la tête. La patrouille se replie devant cette fusillade sans pouvoir emporter les corps.

Les compagnies qui occupent Mogeville et Maucourt reçoivent l’ordre de s’y maintenir pendant la nuit.

État nominatif des soldats tués ou blessés

Tués - Noms : 

Mansuy - Sergent 

Lanchantin - Soldat de 2e classe

Blessés : Néant 

Disparus : Néant 

Observations : Néant

Suite à la reconnaissance qui l’a mené à la mort, Émile Auguste Mansuy est cité dès le 6 octobre 1914:

Place de Verdun

1er Secteur

Le 6 octobre 1914

Ordre N° 87
du 1er SECTEUR DE LA PLACE DE VERDUN 
(Extrait)

_______________________________________

Le Général commandant le 1er Secteur cite à l’ordre du Secteur :

Le sergent MANSUY du 44e Territorial, grièvement
blessé à la cuisse dans une reconnaissance qu’il avait
bravement dirigée sur GINCREY. Ce sous-officier qui 
avait ordonné au soldat LUTZ, qui le soutenait pour le
ramener à MOGEVILLE, de le déposer à la lisière du 
bois LE BATY pour aller chercher du renfort, a été 
lâchement assassiné par l’ennemi.

 

 

Le Général commandant le 1er Secteur
Signé :
Général MOURRET


Pour copie conforme
Laval, le 4 août 1916

Le Chef de Bataillon LENHARDT

 

 États des services du sergent Mansuy :

MANSUY
Émile, Auguste
Né le 28 août 1874 à Pierrefitte (Meuse)
Profession : domestique
N° au contrôle spécial de recrutement : 69

Conseil de révision 
Bon
Degré d’instruction : 3

Matricule 317 - classe 1894
Cheveux - sourcils : châtains
Yeux : gris - front : ordinaire
Nez : moyen - bouche : moyenne
Menton : rond - visage : ovale 
Taille 1,60 m

 

Dans l’armée active :
146e Régiment d’Infanterie ; Bar-le-Duc, Lérouville. 

Dans l’armée territoriale :
44e Régiment Territorial d’Infanterie

Détail des services et mutations diverses :

Dirigé sur le 146e Régiment d’Infanterie le 16 novembre 1895 comme jeune soldat appelé (matricule 7498).

Caporal le 23 novembre 1896.

Rengagé le 2 août 1898 pour 5 ans à compter 1er septembre 1898.
Sergent le 18 septembre 1898.

Rengagé le 28 août 1903 pour 2 ans.

Départ de la Meuse le 31 janvier 1902.

Rengagé le 31 octobre 1905 pour 3 ans à compter du 1er novembre 1905.

Rengagé le 17 février 1908 pour 2 ans.

Commissionné le 19 septembre 1910 à compter du 16 novembre 1910.

Nommé à l’emploi civil de concierge titulaire de 3e classe au Parc à Fourrages de Saint-Germain-en-Laye.

Parti et rayé des contrôles le 3 janvier 1915. 
Réserve de l’armée active le 1er septembre 1908.
Réserve de l’armée territoriale le 1er septembre 1914. 
Libération du service militaire le 1er septembre 1920.

Rappelé à l’activité le 2 août 1914 au 44e Territorial.
Arrivé au corps ledit jour.
Décédé le 5 octobre 1914. Tué à l’ennemi au combat de Geincrey.
Rayé des contrôles le 6 octobre 1914 (avis 813 L du 24 octobre 1914).

Campagnes :
Contre l’Allemagne du 2 août 1914 au 5 octobre 1914. 

Localités successives :
30 janvier 1913 : Saint-Germain-en-Laye – Réserve
29 mai 1913 : Saint-Germain-en-Laye et Versailles – Réserve 
Seine-et-Oise, rue de Poissy. Parc à Fourrages.

Blessures :
A été atteint de hernie inguinale droite le 19 février 1902 en prenant ses leçons d’escrime.

Décorations :
Médaille militaire par décret ministériel du 6 juin 1913 (J.O.) pour remise rang du même jour.

Lorsque son époux est tué au début d’octobre 1914, Maria Mansuy est la mère de quatre garçons et attend un cinquième enfant. En souvenir des lieux de la mort de son père, cet enfant (un cinquième garçon) né le 17 avril 1915 à Saint-Germain-en-Laye reçoit le prénom de Gincrey, Auguste Mansuy. Il revient en pèlerinage à Gincrey durant les années 20, ce qui émeut un certain nombre des habitants de ce village meurtri par la Grande Guerre...

Maria Mansuy s’est remariée, épousant le 29 juin 1918 un nommé Jean Albert Hurtmanns, « adjudant au 1er Régiment Étranger, décoré de la Médaille militaire et de la Croix de guerre » (d’après son acte de mariage).

le lundi, 25 janvier 2016 posté dans la catégorie M