Foucault (Charles de)

Ecrit par Marc Nadaux

(15 septembre 1858 - 1er décembre 1916)



Charles de Foucault est né à Strasbourg le 15 septembre 1858. Son père, le vicomte de Foucauld de Ponbriand, meurt en 1864 ; sa mère le suit quelques mois plus tard. Orphelins, Charles et sa jeune sœur Marie sont alors recueillis et élevés par leur grand-père maternel, Charles-Gabriel de Morlet, colonel en retraite. Avec la guerre de 1870 - 1871, la famille se réfugie à Berne. La perte de l’Alsace-Moselle au profit de l’Empire allemand, l’oblige ensuite à s’installer à Nancy.

Au terme d’études secondaires au lycée de cette ville, Charles de Foucault passe avec succès son baccalauréat. Le jeune homme est envoyé ensuite à Paris au collège des Jésuites, afin d'y préparer le concours d’entrée à l’école de Saint-Cyr. Dans la capitale, il fréquente alors de manière assidue la bohème littéraire. Ce milieu influence ses pensées et oriente ses convictions : le jeune homme se détache de la religion. Il intègre bientôt l’école de Saint-Cyr et cultive un genre de vie dissolue en compagnie de ses camarades de promotion. Reçu en 1876, Charles de Foucault se dirige alors vers l’école de cavalerie de Saumur. La mort de son grand père en mars 1878 l’affecte profondément. L’héritage dont il bénéficie lui permet cependant de disposer désormais de revenus confortables qu’il s’emploie bientôt à dépenser lors de soirées agitées...

Reçu également à l’école de Saumur, Charles de Foucault est nommé en Algérie où il intègre son régiment, le 4e Dragons (qui deviendra le 4e Chasseurs d’Afrique). Cantonné à Sétif, sa conduite fait scandale. Il entre en conflit avec sa hiérarchie au sujet de la compagnie d’une maîtresse avec laquelle il s’affiche. Rayé des cadres de l’armée pour indiscipline en février 1881, il est cependant réintégré sur sa demande quelques mois plus tard. Charles de Foucault rejoint alors ses camarades qui combattent la tribu des Kroumirs dans le sud de l’Oranais, après l’insurrection de Bou Amama. Il part ensuite en Algérie, à Mascara. La monotonie de son existence l’incite à trouver une occupation dans l’étude de l’arabe et de l’Islam. C’est une révélation.

Désireux d’entrer plus avant en contact avec la civilisation arabe, Charles de Foucault demande alors un congé. Celui-ci lui est refusé. Il démissionne. Après avoir vécu à Alger une année entière, il entreprend un voyage au Maroc, parcourant le désert du mois de juin 1883 au mois de mai 1884. Il doit alors se déguiser en israélite afin de mieux passer inaperçu. Ce subterfuge l’oblige tout de même à apprendre l’hébreu. Charles de Foucault racontera par la suite son périple dans un ouvrage, Reconnaissance au Maroc, publié en 1885. La masse considérable de renseignements ethnologiques accumulés lui vaudra à cette occasion la médaille de la Société de Géographie de Paris. Le voyageur est de retour en France. Mais la vie parisienne l’ennuie. Il repart à Alger où il s’éprend d’une jeune femme, Marie-Marguerite Titre. Cependant un nouveau périple dans le désert maghrébin décide de sa vie sentimentale : il choisit de façon définitive le célibat.

Un séjour à Paris, de février à octobre 1886, lui permet de rencontrer l’abbé Huvelin, vicaire de la paroisse saint Augustin. Ce dernier le convainc d’entrer en religion. L’année 1887 est consacrée à un pèlerinage en Terre Sainte. A son retour, il entre au mois de janvier 1890 au monastère de Notre Dame des Neiges, situé en Ardèche. Puis vient un nouveau départ vers l’Orient et la Syrie. Charles de Foucault rejoint la Trappe de Cheikhlé en juin 1890. Il y restera six années. Cette nouvelle existence cénobitique est faite de méditations ; les moines s’emploient également aux travaux des champs et à la construction de routes. Malgré les réserves qu’il exprime auprès du maître des novices, Dom Louis de Gonzague, au sujet du confort relatif de la Trappe (!), il prononce le 2 février 1892 ses vœux monastiques. Charles de Foucault prend alors le surnom de frère Marie-Albéric.

Très tôt, le moine est désireux de s’affranchir de l’existence collective pour une expérience érémitique. Il se voit opposer un refus et doit gagner le monastère de Staouéli en Algérie. Puis il part pour Rome afin de suivre des cours de théologie. Cependant, l’abbé général des Trappistes est bientôt convaincu de la vocation personnelle de Charles de Foucault. Il le dispense de ses vœux le 23 janvier 1897.

Charles de Foucault repart alors en Palestine et y mène de mars 1897 à mars 1900 une vie d’ermite. Installé dans une modeste cabane chez les Clarisses de Nazareth, il s’emploie comme domestique. Ses méditations le conduisent alors vers une nouvelle orientation dans sa vie spirituelle : l’apostolat.

A la fin du mois d’août 1900, Charles de Foucault s’embarque pour Marseille, gagne le monastère de Notre Dame des Neiges où il se prépare au sacerdoce. Ordonné prêtre à Viviers le 9 juin 1901, le Père de Foucault s’installe à Béni-Abbés dans la Sahara occidental. L’aumônier militaire est également au contact des populations musulmanes. En 1905, il se fixe près de Tamanrasset dans le but d’évangéliser les Touaregs. Vivant de ses productions artisanales dans son ermitage situé sur l’un des sommets du Hoggar, il s’occupe à l’étude de la civilisation touarègue. Celles- ci aboutissent en 1915 avec la publication après dix années de recherche d’un dictionnaire linguistique.

Le Père de Foucault meurt le 1er décembre 1916, assassiné par un groupe de pilleurs Touaregs.


le lundi, 25 janvier 2016 posté dans la catégorie F